Renforcement de la détection du trafic d’espèces sauvages aux frontières aériennes et maritimes de Madagascar
Chaque année, d’importantes quantités d’animaux et de plantes protégés quittent Madagascar clandestinement via les ports et les aéroports. Ces flux illicites, qui se fondent dans le fret et le transport de passagers, alimentent un commerce international lucratif et de plus en plus diversifié.
La biodiversité unique de Madagascar, dont une grande partie n’existe nulle part ailleurs sur Terre, rend sa faune et sa flore particulièrement attrayantes sur le marché mondial. Les espèces de Madagascar font l’objet d’une forte demande dans de nombreux secteurs allant du commerce d’animaux de compagnie à l’industrie des meubles de luxe, en passant par le commerce des plantes ornementales et le marché des mets raffinés haut de gamme, avec des produits comme les ailerons de requin et les concombres de mer.
Les agents de contrôle en poste dans les ports et aéroports du pays sont en première ligne face à ce phénomène. Cependant, n’étant pas spécialistes de la faune et de la flore, ils rencontrent souvent des difficultés à distinguer les espèces protégées du reste des espèces de faune et de flore.
Il est essentiel de renforcer les capacités de nos agents de contrôle aux frontières et d’intensifier la coopération interinstitutionnelle dans les ports et les aéroports afin de lutter plus efficacement contre ce fléau et de protéger le patrimoine naturel de Madagascar. »
Antoine Randrianjafy
Directeur Général des Douanes de Madagascar

Pour les aider dans cette tâche complexe, TRAFFIC et la Direction Générale des Douanes de Madagascar ont organisé des sessions de formation destinés aux agents en poste dans trois grands points de sortie du pays : l’aéroport international d’Ivato, le port de Toamasina, et le port de Mahajanga.
Organisés entre le 26 mai et le 10 juin 2026, ces ateliers ont rassemblé des participants de cinq administrations différentes : douanes, pêche, environnement, police, et gendarmerie. Au cours des ateliers, les agents ont pu se familiariser avec des outils innovants leur permettant de distinguer facilement les espèces inscrites aux annexes de la Convention CITES, qui régule leur commerce à l’échelle internationale.
Les outils partagés par TRAFFIC incluent l’application mobile Xylorix Enforcer, qui permet d’identifier les bois précieux tels que le bois de rose et le bois d’ébène, et des répliques 3D d’ailerons pour faciliter l'identification des espèces de requins et de raies.
Parfois, on laisse passer des marchandises sans savoir qu’il s’agit d’espèces sauvages protégées. Avec ces outils simples et innovants, nous allons pouvoir identifier certaines espèces rapidement. Cela va beaucoup faciliter notre travail. »
Lucienne Ramiandrisoa
Inspecteur des douanes à l’aéroport international d’Antananarivo

Ces outils sont déjà utilisés dans de nombreux pays et ont permis de renforcer la détection des flux illicites et de faciliter les saisies.
Au-delà des outils techniques, les ateliers ont permis aux agents d'échanger des points de vue sur les modes opératoires couramment utilisés par les trafiquants d'espèces sauvages.
Sur la base de ces informations, TRAFFIC et la Direction Générale des Douanes produiront un guide pratique à l’usage des agents en poste aux frontières. Ce guide présentera les indicateurs de risque liés au commerce illégal d’espèces sauvages, sous forme de fiches répertoriant les techniques de dissimulation, les itinéraires de transit courants, les marchés de destination et les profils des voyageurs à haut risque.
En associant profilage des risques et identification des espèces, notre objectif est de doter les agents des compétences et connaissances dont ils ont besoin pour déjouer les tentatives de trafic d’espèces sauvages. »
Damien Wolff
Coordinateur de projet chez TRAFFIC
TRAFFIC et la Direction Générale des Douanes espèrent que ces efforts permettront une hausse des interceptions de marchandises illégales au niveau des ports et des aéroports et qu’ils aideront les autorités à démanteler plus efficacement les réseaux de trafiquants.
Notes:
Les activités susmentionnées sont mises en œuvre par TRAFFIC, avec le financement de l'Union européenne dans le cadre du projet GUARD Wildlife – ‘Global United Action to Reduce and Dismantle Wildlife Crime’. GUARD Wildlife vise à réduire le trafic international d'espèces sauvages et de produits forestiers, en mettant l'accent sur les réseaux criminels organisés. Dirigé par l'ONUDC, le projet est mis en œuvre grâce à un partenariat étroit entre les membres du Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages (ICCWC) et des organisations de la société civile, dont TRAFFIC.





