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Wildlife Trade Specialists

Published 23 novembre 2009

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Les partenaires du Bassin du Congo discutent de la conservation et de la gestion durable des forêts

Yaoundé, 11-12 Novembre 2009—plus de 300 experts réunis à Yaoundé (Cameroun) dans le cadre de la 6ème réunion plénière du Partenariat pour les Forets du Bassin du Congo (PFBC).


La cérémonie d’ouverture (Au 1er plan et de gauche à droite : S.E Henri DJOMBO-Ministre de l’Economie Forestière de la République du Congo, S.E Emmanuel BIZOT-secrétaire général COMIFAC, S.E Elvis NGOLLE-NGOLLE Ministre des Forêts et de la Faune du Cameroun, S.E José ENDUNDO BONONGE-Ministre de l’environnement, Conservation de la Nature et Tourisme de la République Démocratique du Congo) © Eva Paule MOUZONG/TRAFFIC  

Les 53 membres du Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo (PFBC) se sont réunis aujourd’hui à l’occasion de leur sixième réunion plénière, au palais des Congrès de Yaoundé.

Cette réunion a permis à tous ses membres de rappeler leur attachement à ce partenariat  pour la conservation et la gestion durable des ressources forestières du bassin du Congo, et leur volonté de soutenir la mise en œuvre du plan de convergence des dix pays membres de la Commission des Forêts d’Afrique Centrale (COMIFAC). 

L’Allemagne,  facilitatrice du PFBC pour la période 2008-2009, et qui s’était engagé à apporter son appui à la COMIFAC dans des domaines prioritaires, était donc le maître d’œuvre de cette rencontre avec pour objectifs de :

  1. Présenter à l’auditoire l’état d’avancement de la mise en œuvre du plan de convergence et les propositions de mécanisme de financement autonome de la COMIFAC à travers le dialogue politique ;
  2. Examiner le cas spécifique de l’OFAC (Observatoire des Forêts d’Afrique Centrale);
  3. Permettre aux différentes parties prenantes de contribuer aux concertations sous régionales et de se positionner dans le cadre du dialogue international sur les forêts et l’environnement ;
  4. Faire le point sur l’application des dispositions du Traité de la COMIFAC relatives à la mise en place de structures fonctionnelles pour la conservation et la gestion durable des forêts d’Afrique Centrale.

Après avoir félicité la facilitation Allemande, S.E Emmanuel BIZOT, Ministre des Eaux, Forêts, Pêches et Chasse de la République Centraficaine, et Président en exercice de la COMIFAC, a souligné l’importance de cette rencontre en rappelant que le rôle du PFBC est de « mener des consultations avec les partenaires pour maintenir la capacité opérationnelle de la COMIFAC ».

Trois premiers temps forts ont marqué cet évènement :

« Le marché de l’information » a accueilli une trentaine d’exposants. Il a donné l’occasion aux partenaires implantés dans la sous-région de partager leurs expériences, des données et des informations. Ce « marché de l’information » a facilité la communication et la circulation de l’information,  reconnus par la majorité des participants et même le secrétaire exécutif de la COMIFAC comme un volet à améliorer.

Les exposés en plénière, qui ont occupés l’essentiel de la première journée, étaient focalisés sur la présentation du bilan de la facilitation Allemande. Samuel MAKON, facilitateur délégué du PFPC et consultant à la GTZ, a souligné que  « si le bilan de la facilitation Allemande a été globalement positif, le faible taux de mise en œuvre du plan de convergence de la COMIFAC serait dû tant à une faible mobilisation des apports financiers, qu’à une mauvaise appropriation de celui-ci par les Etats membres ».

1. A cet effet, Germain NGANDJUI, responsable du programme TRAFFIC en Afrique Centrale, a souligné dans son intervention à la plénière que « la réduction du commerce et de l’exploitation non durables et illégales des produits fauniques et de bois tropicaux, ainsi que l’amélioration de la transparence et de la gouvernance dans le commerce domestique, sous-régional et international, sont quelques unes des préoccupations de la COMIFAC et du PFBC, préoccupations partagées par TRAFFIC ».   

2. Les questions de recherche ont également été soulevées à cette occasion. M. Alain BILLAND du CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) a ainsi souligné que la recherche devrait être davantage prise en compte en « intégrant les éléments de recherche et en soutenant la recherche par des financements et la facilitation de l’accès aux données ».

3. Au delà des exposés en plénière, quatre groupes de travail se sont réunis sous différents thèmes:
 

  • Le premier groupe de travail a concentré ses discussions sur le renforcement institutionnel de la COMIFAC, le mécanisme de financement autonome de la COMIFAC et de ses institutions sous-régionales partenaires, l’examen du projet FORAF financé par la Commission européenne pour contribuer à l’initiative OFAC, la pérennisation de ses acquis par l’OFAC , et enfin une revue de l’application des dispositions du Traité relatives à la mise en place de structures fonctionnelles pour la conservation et la gestion durable des forêts d’Afrique centrale.
  • Le deuxième groupe de travail devait se pencher sur la Gouvernance et conditions cadres  dans les pays du Bassin du Congo, avec un accent porté sur le dialogue avec les nouveaux acteurs majeurs dans le secteur forestier, à l’instar de la Chine. Prenant la parole à cet effet, le Dr.  Nouhou NDAM, chargé des forêts à TRAFFIC Afrique Centrale a reconnu que « la chine peut être un vecteur fort pour le changement vers la gestion durable des ressources naturelles, à travers notamment le nouveau code de conduite développé par le ministère chinois des finances et du commerce pour les entreprises chinoises ».
  • Le troisième groupe de travail a traité de la mise en œuvre du plan de convergence de la COMIFAC et des conventions majeures sur les forêts et l’environnement. Comme souligné par plusieurs présentations, celle du Dr. OKO, Co-pilote du GTBAC (Groupe de Travail Biodiversité en Afrique Centrale) a rappelé son souhait  que, « le PFBC joue un rôle de plate forme de discussion avec les partenaires majeurs et aboutisse à un consensus, prenant en compte les préoccupations des peuples autochtones, tout en confortant le Bassin du Congo dans la stabilisation du climat mondial ».
  • Le quatrième groupe de travail s’est concentré  sur la thématique relative à l’équilibre entre la conservation et l’utilisation durable des terres à l’exemple de la TNS. Henriette Bikie, Chef de projet Viande de brousse à TRAFFIC Afrique Centrale, a souligné  la difficulté des aires protégées à générer des revenus au bénéfice des communautés, déclarant que « si les aires protégées n’apportent rien au bien être des populations locales, il serait peut être nécessaire de réfléchir sur une compensation à apporter à celles-ci, calquée sur le modèle des taxes dues aux communautés riveraines des zones d’exploitation forestières».


Enfin, deux autres évènements forts ont particulièrement marqué la conclusion de cette réunion, à savoir:
 

  • la signature par les ministres de la République du Congo, de la République Centrafricaine et du Cameroun, d’un accord pour lancer une brigade transfrontalière de lutte anti-braconnage. Cette brigade anti-braconnage deviendra active dans le Tri-National de la Sangha (TNS), qui comprend trois parcs nationaux (Lobéké au Cameroun, Nouabalé-Ndoki au Congo) et Dzanga-Ndoki en République centrafricaine) qui couvrent 4,5 millions d’hectares, entourées de zones polyvalentes environnantes constituées de concessions d’exploitation forestières, de zone d’utilisation communautaire et de zone de chasse professionnelle.
  • l’annonce de S.E.M Jean Carol PELLETIER, Haut Commissaire du Canada au Cameroun, de l’acceptation du Canada à prendre en charge la facilitation du PFBC pour la période 2010-2011, dans la continuité de la facilitation allemande.


Eva Paule MOUZONG, Chargée de Communication, TRAFFIC Afrique Centrale


Notes:

Le Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo (PFBC) a été lancé lors du Sommet Mondial sur le Développement Durable à Johannesburg en 2002, comme partenariat non-contraignant enregistré auprès de la Commission pour le Développement Durable des Nations Unies. Il regroupe les 10 pays membres de la COMIFAC, les agences des pays donateurs, des organisations internationales, des ONGs, dont TRAFFIC, des représentants des institutions de recherche et du secteur privé.

En tant que partenariat de type II, le PFBC représente une initiative volontaire d'une multitude d'acteurs qui contribue de manière complémentaire à mise en oeuvre d'un engagement intergouvernmental défini dans la Déclaration de Yaoundé.

Le PFBC travaille ainsi en relation étroite avec la Commission des Forêts d'Afrique Centrale (COMIFAC), l'organe régional chargé de l'orientation et de l'harmonisation des politiques forestières et environnementales, dans l'intérêt de promouvoir la conservation et la gestion durable des écosystèmes forestiers du Bassin du Congo.