A l’accasion du lancement de l’etude de traffic sur : Le marché de l’ivoire à Kinshasa, RD Congo, 2015-2016 
Wednesday, August 30, 2017 at 10:26
TRAFFIC in Contrebande en Afrique, ivoire

Kinshasa, RDC (30 août 2017)–TRAFFIC lance ce jour son étude sur « Le marché de l’ivoire à Kinshasa, RD Congo, 2015-2016 ». Cette étude a été réalisée avec la collaboration de WWF RDC et de JURISTRALE.

Jusqu’il y a peu, le marché de l’ivoire d’éléphant se portait bien à Kinshasa. En dépit de l’illicéité de la vente de l’ivoire, certains marchés dont le plus célèbre reste celui de Bikeko, situé en plein centre-ville, juste en diagonal de l’hôtel du gouvernement, exposait des objets en ivoire vendus au vu et au su de tout le monde. Le commerce illégal de l’ivoire était, bien qu’interdit, toléré. Car, le marché était encore ouvert et des « criminels » y faisaient leurs « affaires » en plein jour. Néanmoins, il convient de nuancer, car cette « tolérance » n’était pas « absolue ».

En effet, plusieurs saisies d’ivoire et des arrestations des trafiquants et courtiers sont recensé au niveau national. Avec 590,8 kg d’ivoire saisies entre 2015 et 2016 et près d’une cinquantaine de personnes arrêtées pour trafic d’ivoire durant la même période, on notera que des efforts se font sur le plan national. Il en est de même du renforcement du cadre légal et du régime répressif  des infractions contre la faune suite à la promulgation de la loi n°14/003 relative à la conservation de la nature du 11 février 2014. Mais aussi de l’élaboration et de la Mise en œuvre d’un Plan d’Action National pour l’Ivoire (PANI) depuis mars - avril 2015, lequel a notamment pour objectif de renforcer la lutte contre le braconnage des éléphants et le trafic illicite d’ivoire et d’autres spécimens d’éléphant en collaboration avec tous les acteurs concernés.

Au niveau international, les années 2015 et 2016, n’auront pas été rose pour la RDC en ce qui concerne le trafic illicite de l’ivoire. En effet, « pour 2015 et 2016, le total des saisies qui ont identifié la RDC comme faisant partie de la chaîne commerciale était de 3.745 kg. Ces saisies ont totalisé 14 cas réalisés en Angola, Hong Kong RAS, Kenya, Malaisie, Belgique, Chine, Ethiopie, France et Thaïlande ». Avec ces saisies, il y a lieu de se questionner sur la qualité du contrôle qui s’effectue, sur le niveau d’implication de certains agents chargés de contrôle (corruption, complicité, etc.) ou encore sur l’influence dont ils peuvent être victimes (soit des politiques, soit des autres autorités ou encore de leur hiérarchies).

Cette étude a pu faire constater que quoique le marché de l’ivoire à Kinshasa était encore ouvert étant donné que les produits en ivoire était exposés jusqu’en décembre 2016 sur les étalages au vu et au su de tout le monde, celui-ci tendait de plus en plus à devenir clandestin car les commerçants dissimulaient de plus en plus les produits en ivoire suite aux campagnes de sensibilisation, aux arrestations et aux saisies des deux dernières années. En outre, certaines données ont été recueillis dont sur les quantités, les prix, les sites à forte concentration d’ivoire, les modes de transport, les routes de commercialisation ainsi que les méthodes de dissimilation. L’on retiendra, en substance, que Kinshasa n’est pas un grand centre de consommation de l’ivoire qu’il reçoit. En effet, il sert juste de plaque tournante pour une exportation vers les grands centres de consommation que sont des pays asiatiques comme la Chine et la Thaïlande.

En avril 2017, dans le cadre de la stratégie globale de fermeture du marché de l’ivoire, incluant notamment cette étude préalable, une série de descentes des inspecteurs du Parquet Général de Kinshasa-Gombe, sur commission rogatoire du Parquet Général de Kinshasa-Matete, accompagnés des éléments de la Police nationale congolaise a été réalisée au marché Bikeko de la place Royale les 14 mars et 29 avril 2017. Ces descentes, avec le soutien de TRAFFIC, de WWF et de JURISTRALE, et l’appui  financier du Gouvernement allemand, par la facilité BENGO/BMZ, et de l’USAID à travers de CAFEC, avaient pour objet de faire appliquer les dispositions pertinentes de la Loi n°14/003 du 11 Février 2014, relative à la conservation de la nature, interdisant notamment le braconnage, la détention et la commercialisation des espèces intégralement protégées ainsi que leurs produits et sous-produits (articles 78 et 79 de la Loi précitée). Ces différentes actions ont conduit à la fermeture du marché de l’ivoire de la place royale dit marché Bikeko.

Ce résultat, très remarquable, ne devrait pas conduire à l’inertie, car le travail est encore énorme. Le Gouvernement, avec l’appui de ses partenaires, devrait travailler pour qu’on ne retrouve plus un seul morceau d'ivoire vendu illégalement sur toute l’étendue de le RDC.

A l’issue de cette étude, un certain nombre des recommandations ont été formulées dont notamment :
- la sensibilisation et le renforcement des capacités des personnes clés chargées de l’application de la loi et de la lutte contre la criminalité faunique sur les questions légales ;
- le renforcement du contrôle aux postes stratégiques (aéroport de N’djili et celui de Ndolo) par la mise en place d’une unité canine de détection des produits de faune ;
- la facilitation de la collaboration entre les services techniques (ICCN, DCN, JUSTICE, DGDA) en vue de la vérification de l’authenticité de certains documents ;
- l’intensification des investigations sur les crimes fauniques ;
- l’élaboration d’un plan national de gestion de l’éléphant de la RDC ;
- le renforcement du cadre légal sur la faune.

Pour plus d’information, contacter:
Cléo Mashini Mwatha
– TRAFFIC RDC : +243 818111199, cleo.mashini@traffic.org;
Denis Mahonghol – pour la communication TCAF : +237 22 06 74 09, tcaf@traffic.org  

A propos de TRAFFIC
TRAFFIC est le réseau de surveillance du commerce de la faune et de la flore sauvages. Sa mission est de veiller à ce que ce commerce ne menace pas la conservation de la nature.
TRAFFIC a des bureaux dans la plupart des régions du monde et travaille en étroite collaboration avec le Secrétariat de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).

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