Le commerce des oiseaux sauvages à Singapour soulève des inquiétudes concernant les Perroquets Gris d’Afrique
Monday, April 18, 2016 at 23:06
TRAFFIC

African Grey ParrotLes Perroquets Gris d’Afrique – Une nouvelle étude de la Société de Conservation de la Vie sauvage et de TRAFFIC souligne le rôle de Singapour comme plaque tournante majeure du commerce d’oiseaux, depuis l’Afrique et l’Europe vers l’Asie de l’Est et le Moyen Orient. Elle révèle de sérieuses lacunes dans la façon dont ce trafic a été enregistré au cours de la dernière décennie.

Publiée dans Oryx, cette étude est la première du genre à décrire l’importante implication de Singapour dans le commerce des oiseaux listés dans les Annexes I et II de la CITES, en se basant sur des données gouvernementales. A ce titre, elle souligne également des lacunes dans le recensement de ce trafic.

L’étude a découvert que Singapour avait importé des spécimens de 212 espèces d’oiseaux inscrites dans les Annexes I et II de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) de 2005 à 2014.

Près de 86.000 oiseaux transférés au cours de cette période n’ont pas pu être tracés après leur arrivée à Singapour. « Des oiseaux qui n’ont pas été réexportés ont pu être été retenus dans le pays pour les marchés domestiques, mais vue l’ampleur des lacunes, cela semble peu probable, » a déclaré Chris Shepherd, le Directeur Régional de TRAFFIC pour l’Asie du Sud-Est.

Parmi toutes les espèces, le Perroquet Gris d’Afrique, Psittacus erithacus, un oiseau de compagnie populaire, est en tête de liste des espèces importées et exportées depuis Singapour durant cette période – plus de 41.700 oiseaux transférés ont été enregistrés.

Les chercheurs ont découvert que Singapour avait importé deux fois plus de Perroquets Gris africains que d’oiseaux d’autres espèces, et réexporté trois fois plus de ces perroquets que d’oiseaux d’autres espèces. Presque la moitié des Perroquets Gris africains importés pendant la période étudiée ont été enregistrés comme capturés à l’état sauvage, dans des pays sous surveillance en raison de leurs exportations écologiquement non viables.
 
Inscrit comme « Vulnérable » sur la Liste Rouge des Espèces Menacées de l’IUCN, le Perroquet Gris d’Afrique, autrefois répandu, est grandement menacé par la chasse pour le marché mondialisé des animaux de compagnie, et a déjà été éliminé de certaines des régions dont il est originaire en Afrique Centrale et de l’Ouest. En réponse à cette menace croissante, plusieurs pays africains, menés par le Gabon, soutiennent la remontée du Perroquet Gris africain de l’Annexe II de la CITES à l’Annexe I, la catégorie la plus stricte, qui doit avoir lieu dans le courant de l’année quand les gouvernements des pays membres de la CITES se rencontreront en Afrique du Sud.

« De telles lacunes de recensement du trafic, découvertes par cette étude dans les données gouvernementales, requièrent une enquête plus approfondie, dès lors que l’incapacité à surveiller effectivement les mouvements des espèces tel que le Perroquet Gris africain viole fondamentalement la CITES et facilite les failles exploitables par le commerce illégal, » a déclaré Colin Poole, Directeur Régional pour WCS.

Les auteurs indiquent que Singapour est bien positionné pour occuper le rôle de leader mondial, en adoptant une meilleure conduite dans la règlementation, la conformité et la surveillance du commerce international d’espèces sauvages. Ceci est particulièrement important, non seulement au regard des obligations prévues par la CITES, mais aussi par rapport aux potentielles conséquences sérieuses que pourraient entraîner les maladies zoonotiques, tels que les virus hautement pathogènes de la grippe aviaire, apportés à Singapour par inadvertance en raison de la régulation inadéquate du commerce des espèces sauvages.

L’étude appelle Singapour à commencer par prendre des mesures plus importantes pour se conformer aux lignes directrices de la CITES convenues au niveau international, et par fournir une information sur le trafic plus complète et exacte, y compris en enregistrant clairement le véritable nombre d’animaux en circulation plutôt qu’en enregistrant simplement le nombre de permis accordés. En 2012, Singapour a été pointé du doigt par une précédente étude TRAFFIC pour avoir autorisé l’importation de dizaines de milliers de perroquets, pour la plupart faussement déclarés comme élevés en captivité dans les Iles Salomon, mais en réalité capturés à l’état sauvage.

En demi-teinte : le commerce légal des oiseaux de la liste CITES à Singapour, notamment le Perroquet Gris africain Psittacus erithacus mondialement menacé, apparaît dans le journal Oryx ici.
L’étude a été en partie financée par WWF-Singapour.

Pour plus d’informations
Contactez Dr Chris R. Shepherd à chris.shepherd@traffic.org Tel: +6 012 234 90790 ou Elizabeth John à elizabeth.john@traffic.org

Article originally appeared on TRAFFIC (http://www.traffic.org/).
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