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Oct292012

La République Centrafricaine audite ses stocks d’ivoires

Bangui, République Centrafricaine 26 octobre 2012—La décision de la République Centrafricaine d’entreprendre une vérification indépendante de ses stocks d'ivoire envoie un signal au monde, à savoir que le pays prend au sérieux la lutte contre le braconnage des éléphants et le commerce illégal des espèces sauvages.

Le WWF et TRAFFIC félicitent le gouvernement de la République Centrafricaine pour cette initiative, et exhortent les autorités à détruire complètement ces stocks une fois la vérification terminée.

« Le mardi 23 octobre, des représentants du gouvernement et le WWF ont initié un audit de l’ivoire saisies dans les Aires Protégées de Dzanga-Sangha et stocké près de la ville de Bayanga dans le sud-ouest du pays, à environ 20 km du Cameroun et de la République du Congo », a declaré Jean-Baptiste Mamang-Kanga, le Directeur de la Faune et des Aires Protégées au Ministère Centrafricain des Eaux, Forêts, Chasse et Pêche.

« Au cours des trois prochains mois, sept autres sites vont être examinés, et tout l'ivoire audité sera envoyé dans un entrepôt sécurisé dans la capitale de notre pays, Bangui », a-t-il dit.

« Grace à cet audit et la centralisation des stocks d'ivoire, nous serons en mesure de veiller à ce qu'ils ne retournent pas sur les marchés illicites, ici et à l'étranger », Mamang-Kanga a ajouté. Les éléphants de la République Centrafricaine sont en danger. L'année dernière, l’organisme des Nations Unies qui réglemente le commerce international des espèces sauvages menacées a constaté que 2011 a été une année record pour le braconnage d'éléphants sur le continent africain.

On estime que des dizaines de milliers d'éléphants sont tués chaque année dans toute l'Afrique pour leurs seules défenses, qui sont en demande croissante en Asie.

« La République Centrafricaine est assiégée par ces bandes criminelles transnationales, bien armées, affectant gravement la sécurité de la région et les perspectives économiques et sociales du pays », a déclaré Jean-Bernard Yarissem, coordonnateur du WWF en République Centrafricaine.

« Mais la vérification indépendante d'ivoire est un signal envoyé au monde que le pays ne sera pas une victime inactive de cette crise, et qu’il prendra les mesures appropriées pour s’assurer que la primauté du droit est respectée sur tout son territoire », a-t-il dit.

« Le WWF encourage les autorités Centrafricaines à détruire ses stocks d’ivoire une fois l’audit terminé. Ce serait un signal envoyé aux braconniers et à ceux impliqués dans le commerce illegal d'espèces sauvages que leurs crimes ne seront plus impunis, et que les autorités feront tout leur possible pour les arrêter et les mettre en prison », a ajouté Yarissem.

En juin, au terme d’un audit réalisé par le WWF, TRAFFIC et le gouvernement gabonais, le Gabon est devenu le premier pays de la région à détruire son stock d'ivoire. Il a fallu plus de 24 heures Communiqué de presse du 26 octobre 2012 – WWF/TRAFFIC Central Africa Programme Offices pour brûler les 4,925 kg d'ivoire, ce qui correspond à environ 850 éléphants morts. Le WWF et TRAFFIC ignorent la quantité exacte d’ivoire stockée par les autorités en République Centrafricaine.

« Il y a eu des cas, dans le monde, d’ivoire provenant de stocks gouvernementaux qui ont été volés, et cet ivoire a fini dans le commerce illégal, alimentant davantage de criminalité et potentiellement stimulant la demande », a dit Stéphane Ringuet, directeur régional en Afrique Centrale de TRAFFIC, le réseau de surveillance du commerce des espèces sauvages.

« L’audit d’ivoire aidera le gouvernement à mettre en place un système robuste de gestion et de contrôle des stocks pour s’assurer que l’ivoire stocké n’entre pas dans le commerce illégal », a-t-il rajouté.

Le commerce illégal d'espèces sauvages - évalué entre 8 et 10 milliards de dollars par an - se classe au cinquième rang des activités illégales transnationales les plus lucratives au monde.

En avril 2012, la République Centrafricaine, le Gabon et les Etats-Unis d’Amérique ont organisé une conférence internationale qui reconnait que le braconnage et le commerce illégal d'espèces sauvages sont une sérieuse menace pour les perspectives économiques, sociales et sécuritaires de la région. Cette réunion a été suivie en juin par la signature du Plan d’action sous-régional des pays de l’espace COMIFAC pour le renforcement de l’application des législations nationales sur la faune sauvage (PAPECALF), par huit pays membres de la Commission des forêts d’Afrique Centrale (COMIFAC) pour renforcer les mesures de répression et de de lutte contre le braconnage d'éléphants et d'autres espèces menacées par le commerce illégal d'espèces sauvages.

Le WWF et TRAFFIC appellent les gouvernements et les institutions internationales à traiter le commerce illégal des espèces sauvages comme crime grave, à adopter les moyens de dissuasion efficaces, et à mener leurs efforts pour réduire la demande pour des espèces sauvages menacées.

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