Lutte contre le trafic des espèces aux ports et aéroports d’Afrique Centrale: des agents de contrôle formés
Friday, June 26, 2015 at 15:22
TRAFFIC in conscience de conservation, smuggling in Africa

Participants à l’atelier sous régional de formation et d’échange d’expériences sur le contrôle du commerce de la faune, à l’endroit des agents de contrôle en service aux points d’entrée et de sortie (ports et aéroports) des pays de l’espace COMIFAC © TRAFFIC Douala, Cameroun, 26 juin 2015—Les responsables des services en charge du contrôle aux points d’entrée et de sortie des pays de l’espace COMIFAC, ainsi que d’autres organismes chargés de l’application de la loi, notamment la police, les douanes, la gendarmerie de cinq pays appartenant à la Commission des Forêts d’Afrique Centrale – Cameroun, République du Congo, RCA et RDC – ont participé à un atelier de trois jours, du 23  au 25 Juin 2015, à Douala, dans la région Littoral du Cameroun.

L’objectif de cet atelier était d’améliorer la gestion et la conservation de la faune en général et des éléphants en particulier à travers le renforcement des capacités des parties prenantes aux points d’entrée et de sortie (ports et aéroports) à l’identification, la collecte, l'analyse et l'interprétation des saisies de produits de faune et d'autres données sur le commerce de la faune.

Dr. Paulinus Ngeh,  le Directeur Régional de TRAFFIC pour l’Afrique Centrale a indiqué, lors de la cérémonie d’ouverture de l’atelier, que la criminalité faunique était en expansion en Afrique et qu’il y avait un besoin urgent de coopération entre les agences pour le partage d’informations utiles à la lutte contre les réseaux solidaires et très sophistiqués du trafic d’espèces animales.

"Les défis en matière de lutte contre le trafic d’espèces sauvages sont énormes, et les agents sur le terrain maitrisent mieux la situation. Ils ont le pouvoir de mettre fin au trafic de la faune, à condition qu'ils coopèrent. Nous espérons qu’en les réunissant et en offrant des possibilités d'échange d'expériences, nous aboutirons à la mise en place de solutions synergiques efficaces au problème" a précisé Chouaibou Nchoutpouen expert en biodiversité et représentant du Secrétaire Exécutif de la COMIFAC.

M. Marcellin Eitel Pandong délégué régional pour les forêts et la faune de la région du Littoral du Cameroun, a pour sa part déclaré : « c’est une formation importante pour les agents de contrôle du commerce de la faune car le Cameroun et la sous-région perdent beaucoup de devises dans ce trafic dont le  coût environnemental s’avère quant à lui inestimable »  

Les ports et les aéroports des pays de l’espace COMIFAC sont les points de sortie d’importants produits illicites d’espèces sauvages. Au cours des cinq dernières années, près de 6650 Kg d’ivoire d’Afrique Centrale ont été saisis dans les ports et aéroports du monde selon la CITES. « Un contrôle accru aux points d’entrée et de sorties est indispensable pour endiguer le commerce transnational » a déclaré Alain Ononino du WWF.

Au vu de la tendance qui a cours, à savoir que les réseaux criminels recourent à des technologies de pointe avec une efficacité accrue,  l’atelier s’est focalisé sur des sessions pratiques et interactives qui ont donné aux participants les outils nécessaires à la prévention du commerce illicite d’espèces de la faune sauvage et enseigné les techniques de terrain utiles à l’identification et au traitement approprié des espèces qui font communément l’objet de trafic en Afrique centrale et qui sont écoulées illégalement dans d’autres régions du globe.  

En appui aux gouvernements, le Consortium international de lutte contre la criminalité liée aux espèces sauvages (ICCWC) a développé un outil d’analyse de la criminalité liée aux espèces sauvages et aux forêts destiné à aider les gouvernements à évaluer l’efficacité de leurs actions face à la criminalité liée aux espèces sauvages et aux forêts et à déterminer leurs besoins en matière d’assistance technique. Cet outil est déjà mis en œuvre au Gabon et  est sollicité au Congo et en RDC selon Mme Asma Sainkoundje, de l’UNODC qui a invité les autres pays de l’espace COMIFAC à se l’approprier.

Les 43 participants ont dressé une liste d’actions-clés dans le cadre de la feuille de route pour maintenir l’élan insufflé et les relations nouées au cours de ces trois jours d’atelier.

Pour Mme Kelou, Chef de poste douanes à l’aéroport de Maroua (Extrême Nord-Cameroun), « la formation a été utile et je vais à mon tour transmettre les connaissances et les messages reçus à mes collègues ».

« Nous sommes prêts à rendre compte et à collaborer avec les organismes en charge de l’application de la loi chaque fois que nous trouvons quelque chose de suspect a déclaré Timothée Kparet, chef de service Port Beach Bangui (République Centrafricaine).

Dans son mot de clôture, le Dr Ngeh Paulinus a déclaré : « Nous espérons voir renforcée la collaboration entre les différentes agences en charge de l’application de la loi. TRAFFIC et ses partenaires vont appuyer, autant que possible, la mise en œuvre des recommandations et actions issues de cet atelier »

L’atelier a été organisé par le Secrétariat Exécutif de la COMIFAC, WWF et TRAFFIC, sous les auspices du Ministère camerounais de la Forêt et de la Faune. Il a été mis en place en coopération avec la GIZ, au nom et avec les financements du Ministère allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ). Il a été cofinancé par USAID, l’agence américaine pour le développement international.

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