Des vides juridiques sur les tailles d’éléphant favorisent le commerce de l’ivoire thaïlandais
L'enquête de TRAFFIC est basée sur 26.000 travaux sur les produits d’ivoire vendus sur le marché local Cliquer sur la photo pour agrandir © Daniel Stiles / TRAFFIC Southeast Asia Bangkok, Thaïlande, 18 juin 2009—les vides juridiques et les moyens insuffisants d’application de la loi, font en sorte que, la Thaïlande continue d’héberger le plus grand marché illégal d’ivoire en Asie, indique le nouveau rapport du réseau de surveillance du commerce de la faune, TRAFFIC.
Le rapport soulève également les inquiétudes que les dispositions légales régissant le commerce des éléphants domestiqués fournissent un prétexte pour des échanges illégaux des éléphants sauvages d’Asie, espèces menacées de Thaïlande et du Myanmar voisin.
L'enquête de TRAFFIC est basée sur 26.000 travaux sur les produits d’ivoire vendus sur le marché local avec beaucoup plus de détail sur les points de vente de ses produits que ceux répertoriés durant l’enquêté réalisée en 2001.
Les études de marché ont trouvé 50 points de vente supplémentaires fournissant des articles en ivoire à Bangkok et Chiang Mai en 2008 que l'année précédente. Cependant, globalement il y a moins d'ivoire manufacturé en vente libre qu’en 2001.
La « Thaïlande a été identifiée de façon unanime comme un des cinq principaux pays au monde, le plus fortement impliqué dans le commerce illicite d'ivoire, mais celle-ci montre très peu d’intérêt à agresser ce problème en suspens » a déclaré Tom Milliken, de TRAFFIC, qui supervise un programme de contrôle global, le système d'information du commerce des éléphants (ETIS), de la convention sur le commerce international des espèces en voie de disparition de la faune et de la flore sauvages (CITES).
La « Thaïlande doit réévaluer sa politique de contrôle de ses marchés locaux d’ivoire, car actuellement elle ne met pas en application des conditions internationales, pour la survie des populations d'éléphant africain et asiatique, » a déclaré Milliken.
« Depuis 2004, le gouvernement thaïlandais a seulement rapporté deux cas de saisie d’ivoire s’élevant à 1,2 tonnes d'ivoire brut. »
La capitale de la Thaïlande, Bangkok, une destination touristique majeure a émergé comme concentration principale des activités de trafic illégal d’ivoire avec plus de 70 pour cent de l’offre thaïlandaise des points de vente des articles en ivoire.
Le rapport inclut des informations récentes sur les différents ateliers tenus (8 en Uthai Thani, 01en Chai Nat et Payuha Kiri, et 03 à Bangkok) impliquant des douzaines de sculpteurs, de bijoutiers, de fabricants de boucles de ceinture et manches de couteau- en ivoire. Une grande partie de l'ivoire manufacturé étant illégalement importée d'Afrique.
Certains propriétaires d'atelier ont vanté ces produits aux fabricants de couteaux européens, alors que d'autres disent envoyer des articles d'ivoire, d'acier et d'argent aux USA, à vendre dans des magasins d’armurerie.
« Le gouvernement thaïlandais doit penser à réduire cette activité illégale sérieuse et cesser de permettre à des personnes de bafouer la loi, » a dit Dr Colman O'Criodain, Analyste des questions du commerce de faune à WWF International.
« Une première étape d’une bonne démarche serait de mettre en place un système d'enregistrement complet pour tout ivoire commercialisé ainsi que pour les éléphants en vie ».
L'étude a également découvert des rapports des commerçants achetant des éléphanteaux sauvages-attrapés pour l'usage à Bangkok en tant que « mendiants » dans les rues des centres touristiques importants, ou les vendant dans des camps à éléphant et des parcs d’attraction.
On sait que des centaines d'éléphants vivant ont été illégalement importées du Myanmar ces dernières années, pour être vendus aux compagnies d’excursion sur éléphant alimentant le tourisme exotique en Thaïlande. La capture des éléphants sauvages a été interdite en Thaïlande depuis les années 70, mais un tel commerce ne sera pas détecté parce que les éléphants domestiqués ne sont pas tenus d’être enregistrés légalement jusqu'à ce qu'ils soient âgés d’au moins huit ans.
L'étude a également constaté que plus du quart de toutes les exportations d'éléphant vivant en Thaïlande entre 1980 et 2005 ont été illégales à cause des déclarations inachevées et imprécises faites sur la documentation exigée sous CITES.
« Il devrait y avoir un examen minutieux du commerce de l'éléphant vivant si les efforts d'application doivent avoir un quelconque impact, » a indiqué Chris R. Shepherd, le directeur de TRAFFIC Asie du Sud-est.
La « Thaïlande et le Myanmar devraient travailler ensemble, et d’urgence, à la résolution des problèmes commerciaux frontaliers, » a-t- il ajouté.
Fin
Pour plus d’informations adresser vous à:
Elizabeth John, Chargée de Communication Senior, TRAFFIC Asie du Sud-est, Tel: (603) 7880 3940, E-mail: jlizzjohn@yahoo.com
Richard Thomas, Coordonateur Communication Globale, TRAFFIC International, Tel: +44 1223 279068, Email: richard.thomas@traffic.org
Sarah Janicke, Responsable de Communication sur les espèces, WWF, Tel: +41 22 3649250, Mobile: +41 79 528 8641, E-mail: sjanicke@wwfint.org
Notes aux éditeurs:
The elephant and ivory trade in Thailand (PDF, 800 KB) by Daniel Stiles, published by TRAFFIC Southeast Asia
1. Le système d'information sur le commerce des éléphants (ETIS) est l'un des deux systèmes de contrôle formels des éléphants selon CITES, et détient plus de 13.500 records des saisies des produits d'éléphant qui ont été faites dans le monde entier depuis 1989. Dans la dernière analyse de la bas de données ETIS, la Thaïlande a été classé avec la Chine, le Cameroun, la République Démocratique du Congo, et le Nigéria comme les cinq pays les plus fortement impliquées dans le commerce illicite de l'ivoire.
2. Le commerce intérieur et extérieur des éléphants sauvages et de leurs produits dérivés est illégal en Thaïlande, selon l’acte de la Réservation et de la Protection de l'Animal Sauvage (WARPA) de 1992. Les éléphants sauvages sont classifiés comme animaux protégés. WARPA, avec la Loi de 1921 sur la protection des éléphants sauvages, interdit le massacre de ceux-ci éléphants sauvages ou leur capture sans autorisation officielle du gouvernement. Les éléphants domestiques thaïlandais, sont cependant sujet à l'acte «Draught Animal” de 1939, qui continue d’autoriser le commerce des éléphants domestiqués aussi bien que la possession et/ou la vente de l'ivoire issue de ces animaux. Ces vides juridiques sont par habitude exploités pour empêcher des actions d’application de la loi en Thaïlande.
Friday, June 19, 2009 at 1:01 | |
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